flavescence_dor_eLa flavescence dorée et le bois noir sont les maladies de la vigne à l'origine des pertes de récoltes considérables, aux conséquences parfois irrémédiables pour la pérennité du vignoble.

Conformément aux avis rendus par la commission départementale de la Gironde et par la Chambre d'Agriculture, l'arrêté préfectoral intaurant les règles de lutte contre ce fléau vient de paraître.

La flavescence dorée est identifiable par observation simultanée de plusieurs symptômes sur un même rameau : une coloration du feuillage (rougissement sur cépage rouge, jaunissement sur cépages blancs), un bois mal ou non aoûté (bois mou et se pliant facilement), une mortalité des inflorescences ou un flétrissement des baies.

Ces symptômes sont localisés sur une partie de la souche ou sur la totalité du cep. Il existe des variabilités selon :

  • l'importance de la maladie,

  • la vigueur du pied (état de stress hydrique ou de carence...),

  • le type de cépage : Cabernet Sauvignon et Sauvignon sont très expressifs alors que Merlot et Sémillon sont peu expressifs.

Les symptômes ne sont pas visibles l'année de l'infection (N), ils le sont au plus tôt l'année suivante (N+1) et parfois beaucoup plus tard (N+5). En conséquence des pieds apparemment sains peuvent héberger le phytoplasme (bactéries) et extérioriser les symptômes plus tard. De plus, la vigne mère porte-greffe n'exprime pas de symptômes, les contrôles par sondage sont donc susceptibles de laisser échapper dans la nature des plants infectés.

cicadelleL'agent responsable est un micro-organisme proche d'une petite bactérie dépourvue de parois cellulaire et localisé dans le liber (soutien) de la plante. Il se multiplie dans la vigne et dans des insectes qui le transportent (cicadelle de type Scaphoideus Titanus et Hyalesthes obsoletus). Il circule dans la souche et s'y maintient à vie.

La flavescence est une maladie connue et surveillée de près. La lutte contre cette maladie est réglementée par deux arrêtés ministériels et chaque année, les modalités de lutte sont fixées au niveau départemental par arrêté préfectoral.

pi_ge_flavescence_dor_eEn 2009, un réseau de pièges chromatiques jaunes triangulés a été mis en place selon un maillage défini en collaboration avec le Service Régional de l'Agriculture et de l'Alimentation (SRAL). Ces pièges ont été relevés de mi-juillet jusqu'au 15 août et ont permis de recenser la population d'adultes de cicadelles sur un périmètre géographique déterminé.

Les relevés des pièges montrent l'existence faible mais néanmoins réelle d'adultes dans les périmètres de luttes obligatoires (PLO), sur vignes traitées ou abandonnées. A noter qu'un seul relevé a atteint le seuil de détection de 3 adultes, seuil à partir duquel est déclenché le traitement supplémentaire (traitement larvicide et adulticide en fonction du piégeage).

Le principal atout de cette technique est de sensibiliser l'ensemble des acteurs du vignoble à la présence avérée de cicadelles adultes sur le territoire malgré l'obligation de traitement.

Ainsi, en 2010, la stratégie de lutte contre la flavescence dorée reste inchangée par rapport à 2009.

L'arrêté ministériel du 9 juillet 2003 prévoit :

  • l'arrachage et la destruction par le feu des ceps contaminés,

  • l'arrachage et la destruction par le feu de la parcelle entière lorsque plus de 20% des ceps sont atteints et des vignes abandonnées,

  • une lutte insecticide contre la cicadelle vectrice,

  • l'utilisation de plants sains, ayant subi un traitement à l'eau chaude ou provenant de zones indemnes de maladies.

Remarque : les moyens de lutte contre la cicadelle vectrice sont particulièrement limités en agriculture biologique. Seules deux spécialités à base de roténone (molécule produite par certaines plantes tropicales et entrant dans la composition de pesticides et insecticides) sont homologuées. L'emploi de tout autre insecticide fait perdre la certification "Agriculture Biologique", même dans le cas où la parcelle concernée se trouve dans un périmètre défini de lutte obligatoire.

Le traitement à l'eau chaude pour détruire les phytoplasmes :

Cette technique appliquée à des bois et des plants de vigne permet de détruire le phytoplasme par la chaleur, elle constitue le seul moyen de lutte efficace au niveau du matériel végétal.

La méthode consiste à immerger le matériel végétal dans des cuves d'eau portée à 50°C pendant 45 minutes. Pour cela une machine brevetée est nécessaire.

La Chambre d'Agriculture de la Gironde a investi dans une machine permettant un tel traitement depuis 2000. Des expérimentations ont été menées de 1993 à 2003 et permettent une bonne maîtrise du procédé.

En effet, ce traitement n'est pas anodin car il entraîne un retard au débourrement de quelques jours à 3 semaines.

Cependant, si ce traitement assure l'absence du phytoplasme de la flavescence dorée dans les plants, il n'empêche pas une contamination au vignoble par la suite. Ainsi, les deux modes de lutte ne peuvent pas se substituer l'un à l'autre et sont complémentaires.