Aujourd'hui c'est Mardi gras, l'occasion de revenir sur l'origine chrétienne de cette fête et de toutes les gourmandises qui y sont associées.

Qui dit Mardi gras dit carnaval... mais d'où vient cette tradition ?

L'histoire

L'histoire du Mardi gras remonte à l'époque romaine antique et a été instauré par la religion chrétienne. A l'époque, le Mardi gras signifiait la commémoration d'Adam qui, après avoir pêché, était redevenu poussière. De ce fait, les pratiquants devaient se laver de leurs pêchés et faire pénitence en se privant. Ainsi, il était interdit de se nourrir de viande, d'oeufs, de se marier et d'avoir des relations conjugales pendant 40 jours afin de se purifier. Puis, arrivait le Carême ou Carnaval (en latin, "carne" signifie "enlever la viande des repas") qui commençait le mercredi des Cendres jusqu'au jour de Pâques. Mardi gras célèbre ainsi la fin des "jours gras" précédant le Carême. Et si l'on suit la tradition chrétienne à la lettre, Mardi gras est le dernier jour où l'on peut faire carnaval.

Si célébrer le Mardi gras se fait chaque année, il faut aussi savoir que sa date change chaque année puisqu'elle est calculée en fonction du jour de Pâques, qui, lui-même dépend de la position de la lune.

Aujourd'hui peu de gens fêtent encore le Carême et seule la tradition du Carnaval et de Mardi gras est encore largement pratiquée.

Les traditions

Selon les époques, les manifestations ont été fort différentes. Au Moyen-Age il était coutumier d'aller ce jour là danser dans l'église, la messe était dite à l'envers, on assistait à la "fête des fous"...

Le Carnaval de Venise par exemple existe depuis le XIème siècle et durait alors de Noël jusqu'à Mardi gras... un mois pendant lequel tout était autorisé et où, caché derrière le masque, tout était possible.

Venise est encore un des plus célèbres Carnaval au monde tout comme celui de Rio, bien sûr, mais on peut également cité ceux de la Nouvelle-Orléans, Trinidad et Tobago, ou plus près de nous Nice ou Dunkerque. A la Nouvelle-Orléans, le Mardi gras est l'occasion de manger le gâteau des rois (King cake), cousin de notre galette de l'Epiphanie. Le King Cakes est un gâteau rond (assez proche du gâteau des rois provençal) parfumé à la cannelle et recouvert d'un glaçage recouvert de sucre coloré : du pourpre (qui représente la justice), du vert (pour la foi) et de l'or (pour le pouvoir).

Mardi gras était aussi une occasion de célébrer la fin de l'hiver. On se déguisait pour laisser de côté toute hiérarchie, de rang comme de sang, et laisser libre cours à la folie du moment. C'était l'occasion d'un grand défoulement où étaient largement parodiées les traditions populaires et religieuses ainsi que les hauts personnages de l'état.

Le Carnaval reste cette période de divertissement pendant laquelle l'ordre établi et la distribution des rôles sont renversés. Chacun se promène masqué ou grimé et se cache derrière son masque pour faire ce qui lui est interdit en temps normal. Les conventions et les règles sociales sont modifiées, bousculées et oubliées pendant le Carnaval.

Les gourmandises

Si durant Mardi gras on mange également des crêpes il faut bien le distinguer de la Chandeleur, qui se fête 40 jours après Noël, le 2 février. Ce jour-là, il s'agit de célèbrer la purification de Marie et de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem. Autrefois, pour cette célébration, on faisait une procession où chacun tenait une chandelle ou un cierge, d'où le nom de la chandeleur.

Autrefois, plutôt que des crêpes, on préférait préparer des beignets frits, dernière occasion de déguster un dessert aussi gras avant longtemps, mais c'était également moyen de consommer les réserves de beurre, d'huile, d'oeufs et de crème avant le carême.

Mardi gras est l'occasion de refaire des crêpes, des gaufres et surtout de déguster les beignets de Carnaval qui prennent moult noms selon les régions : oreillettes (Provence, Languedoc), merveilles (Bordeaux), faverolles ou frivolles (Champagne), bugnes (Lyon), crouchepettes (Landes), bottereaux (Anjou, Vendée), roussettes (Alsace, Centre), bougnettes (Pays Catalan), corvechets (Lorraine), risoles (Jura), tourtisseaux ou tortisseaux (Poitou), guenilles (Auvergne), craquelins, croquignolles, crottes d'ânes, pets de nonnes, bugnettes, fantaisies, garrifes, nouettes, pognons, rousseroles, roubigneaux...

Peu importe le nom après tout, l'essentiel est de se régaler.La Ronde des Beignets - collage2